Les aventuriers à 2frs

Sortie de club : 5h30 du mat’, nous avions prévu de prendre la route à 7h, il me semble que c’est mort ! Eh oui, c’était prévisible qu’aujourd’hui, rien ne se passerait comme prévu. Bon en même temps, nous n’avions rien de prévu mais on se faisait une idée de la journée idéale …

11h, nous prenons la route, nous quittons Vientiane à pied, nous entrons pleinement dans nos rôles d’aventuriers. A la sortie de la ville, nous réussissons à capter un bus local qui nous emmènera quelques dizaines de kilomètres plus loin. Pas longtemps après qu’il nous ait déposé, c’est au tour d’un pick-up de nous prendre. Nous montons dans la partie arrière que nous partageons avec 3 autres (vieilles) personnes. Le voyage est vraiment agréable, le vent est en train petit à petit de supprimer les restes de fonce-d qu’il me reste, c’est top. Mais merde, le pick-up ne va pas jusqu’au bout. Ce n’est pas grave, il nous aura bien avancé. Le temps de remercier la famille du pick-up et nous repartons de plus belle. C’est un bus local qui arrive, nous le prenons, celui-ci nous mènera jusqu’à Pak Kading, village de notre début de trekking qui doit durer environ deux ou trois jours complets.

Juste après le pont qui traverse le Mekong, il y a une route à droite, je l’ai repéré sur Google Map et il me semble que Julien me fait confiance. Avant de commencer à marcher, nous avons bu deux ou trois bières, j’ai bien l’impression que c’était une mauvaise idée. On n’a pas fait 2kms que j’en ai déjà marre, il ne fait plus si chaud car il est déjà 17h me semble-t-il (ou presque) et la route est longue jusqu’au premier village qui nous servira peut-être de halte pour au moins acheter de l’eau. Baida marche vraiment plus vite que moi, le chemin est poussiéreux, les scooters qui passent remuent cette poussière rouge qui finira par nous recouvrir. Il faut absolument qu’on fasse quelque chose. Le prochain truck qui passe, on l’arrête. Mais que vois-je au loin, un truck qui arrive, ca fait déjà une heure qu’on marche et clairement, je suis au bout de ma vie. Le conducteur s’arrête à peine et nous fait signe de monter dans la remorque, ce que nous nous empressons de faire. Là, c’est la joie. Nous sommes heureux. On roule à toute allure (ou à 20km/h plutôt), postés dans la remorque, on se croirait dans Pekin Express, on se dit qu’on va doubler nos concurrents … A ce moment précis, je le dis à Baida, je me sens vraiment bien, j’ai un sentiment de liberté qui me rend heureux. C’est sûr, ce truck va nous amener loin et … Eh bah non l’enculé, il s’arrête après 15 minutes de route, nous demande de descendre et s’engouffre dans la forêt sur la gauche. Ok Ok, on va marché alors.

Peut-être 20 minutes après, voilà que nous apercevons des cabanes / maisons, signe de vie qui est clairement perçu comme une petite victoire. Ca y est, nous avons atteint le premier village sur notre route, Ban Sômsanouk. Il y a une échoppe sur la droite, nous nous arrêtons, là, nous achetons … des bières (choix tactique qui va s’avérer pénalisant pour la suite de l’aventure). Des gamins accourent de partout. Il y en a une dizaine devant nous, ils nous observent, nous faisons de même. Nous essayons d’interagir avec eux et ça fonctionne. Ils nous arrosent avec de l’eau, on rigole, ils rigolent … Et là, un petit garçon s’approche et nous montre une affiche. Après plusieurs gestes, nous comprenons qu’il y a une fête au village ce soir. On se regarde avec Baida, le soleil va se coucher rapidement, peut-être que si on continu, nous n’arriverons pas au village suivant, nous décidons alors de rester dans ce village ce soir, nous trouverons bien de quoi manger et nous loger.

Nous quittons les enfants et attrapons un drôle d’engin : un motoculteur qui traine une remorque, nous montons dans la remorque après avoir attendu l’accord du propriétaire et là, nous traversons le village. En réalité, Ban Sômsanouk n’est pas un village, c’est un chemin de terre rouge bordé de chaque coté par des cabanes / maisons. Nous aurions dû nous en rendre compte avant. Au loin un attroupement, une clairière, des enfants, un ballon, une cage de foot, nous décidons de taper la balle avec les gosses, c’est bon ça pour l’intégration. On joue un peu et on se rend compte que c’est dans cette clairière que la « fête » va se dérouler. Ils sont en train d’installer une mini scène sur laquelle se produira certainement un spectacle. Deux stands de bouffe sont en train de s’installer, on se pose dans l’herbe et on regarde ces scènes de vie en buvant. Ce qui est un peu dérangeant au début et qui deviendra de plus en plus casse-couille jusqu’à l’oppression sa mèèèèère, c’est que tout le monde nous fixe, les locaux viennent s’assoir devant nous, nous regardent, les gosses ne décollent pas. On essaye de communiquer mais impossible, la barrière de la langue est trop importante. Avec la sortie en boite + les transports de merde toute la journée, cette situation devient de moins en moins fun.

La nuit est tombée, on est dans un village paumé sans hôtel ni restaurant ni rien du tout et on se demande bien ce qu’on va faire. Pour être honnête, nous avions envie de nous retrouver dans cette situation là, mais nous ignorions totalement quelle aurait été notre réaction, je n’imaginais pas celle-ci, l’agacement. Nous nous sommes levés, nous avons acheté des brochettes de poulet et avons voulu nous isoler un peu de l’agitation, ne voulant plus être observés. C’était aussi un moyen de nous effacer pour les laisser apprécier leur fête. Nous avons marché, un peu, en nous demandant où nous allions dormir. Quasiment à la fin du village, nous avons vu une famille qui était dehors, nous nous sommes approchés et nous avons demandés à l’aide de gestes bien distincts si nous pouvions dormir sur la grande palette de bois sur pilotis qui était face à leur cabane. Ca ne devait pas être un bon spot puisque le plus âgé de tous désigna la grande palette de bois sur pilotis qui était en face. Cette « aire » de bois doit faire environ 4 mètres carrés, ça sera notre lit pour ce soir. A la belle étoile …

J’ai horreur des insectes, nous n’avons pas d’eau, il ne nous reste plus qu’une seule cannette de bière bien chaude (je vous avais dit que ce choix était merdique) et j’ai les brochettes de poulet qui sont en train de me ruiner l’estomac mais pas moyen que j’aille chier dans le noir … Je sens que la nuit va être sympa !

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