Transports 2 – 0 Nous

Nous nous rĂ©veillons d’une nuit courte. Peu importe, celle ci Ă©tait agrĂ©able, un lit, un draps, la vie est belle. Nous avons faim, nous bouclons notre sac, aujourd’hui, nous avons dĂ©cidĂ© d’aller Ă  Don Khon car c’est sĂ»r, PaksĂ© ne nourrira pas notre soif d’aventure. Depuis la toute petite Ă®le de Don Khon dans la rĂ©gion des 4000 Ă®les Ă  la frontière du Cambodge, le Mekong devient fou et cette folie se traduit par les chutes d’eau Li Phi, qu’on m’a dĂ©crit comme Ă©tant les Niagara Falls de l’Asie-du-Sud-Est. J’attends de voir mais en tout cas, c’est notre objectif.

Laurent a dĂ©cidĂ© de faire le chemin avec nous. C’est une bonne nouvelle car ce mec est vraiment cool. Il est plus jeune que nous mais dĂ©jĂ  très posĂ©, il a une jolie façon de voir la vie, a dĂ©jĂ  vu du pays et en bonus, il a des anecdotes super drĂ´les Ă  raconter. Nous nous posons donc dans un restaurant pour prendre notre petit dĂ©jeuner / dĂ©jeuner. Le riz sautĂ© est un rĂ©gal, je dĂ©vore les rouleaux de printemps et Ă©videmment, j’accompagne ça d’une Beerlao bien fraĂ®che. Mes compagnons font de mĂŞme, nous sommes repus.

La galère commence maintenant : on repère sur la carte une « gare » routière, on s’y rend pensant que c’est celle oĂą nous sommes arrivĂ©s hier. Evidemment, ce n’est pas celle-ci et lĂ , les vendeurs essayent de nous faire partir demain matin uniquement. C’est mort, on ne reste pas Ă  PaksĂ© aujourd’hui. Ok, on attrape un tuk-tuk qui nous emmène Ă  une autre gare routière, ce n’est pas celle-ci non plus mais lĂ , une gentille dame nous indique oĂą aller, le chauffeur du tuk-tuk comprend, on file. Finalement, nous arrivons Ă  la station de bus qui ressemble Ă  un terminal et de lĂ , on capte un mec, le visage masquĂ© qui nous invite Ă  monter dans son truck. Regardez lĂ  photo d’hier, c’est LE truck. On aurait pu faire un bon voyage si, Ă©videmment, il n’avait pas essayĂ© de charger le truck avec des femmes, des enfants, des hommes, bien plus que ce que le truck pouvait contenir. Ajoutez Ă  cela des cartons et de la bouffe qui pue Ă  nos pieds + un chargement de ouf sur le toit et vous avez la recette magique pour passer un voyage de merde de 4h ou 5h. Tu as dĂ©jĂ  dĂ©testĂ© Ryanair parce que tu n’avais pas assez de place ? Eh bien lĂ , tu divises par deux l’espace pour les jambes et tu visualises ce qu’on a dĂ» subir pendant 5h. Je rappelle que Baida mesure 2 mètres … Les deux filles devant moi (sur la photo) avaient l’air en tout cas de ne pas s’en faire.

Pendant le voyage, on rencontre une dame qui dit avoir une guesthouse sur Don Khon et elle nous promet de nous faire Ă  manger dès qu’on arrive. Quelle gentillesse. 50 000 Kips la nuit, c’est cadeau. On attend donc son signal pour sortir du « bus » et on la suit jusqu’Ă  l’embarcadère. Oui, il faut y aller en pirogue sur cette petite Ă®le. Il fait nuit noire, la traversĂ©e de 20 minutes environ s’annonce folklorique. ArrivĂ©s Ă  l’embarcadère, on sort nos billets, Julien a lu que la traversĂ©e coĂ»te 15 000 Kips par tĂŞte, on est trois, ça fait 45 000 Kips. Le gars nous voit arrivĂ©, on lui demande avec courtoisie le prix. Par politesse puisqu’on le connait dĂ©jĂ . LĂ , il nous rĂ©pond gentiment « it’s 300 000 Kips sir ». J’ai dĂ» mal comprendre, je demande encore « How much did you say ? » et lui me rĂ©pond toujours aussi calmement « It’s 300 000 Kips ». Donc lĂ , je viens de passer 5h pliĂ© en quatre, il fait nuit, j’ai faim, une bière pourquoi pas, et le mec me sort un prix de ouf tout ça parce qu’il a vu trois guignols arrivĂ©s dans le noir. Ok. Certains me diront « Reste cool, c’est les vacances, c’est normal, ils sont pauvres et ils essayent, peace et blabla blabla », moi j’ai juste envie de lui dire « Fils de pute t’essayes de m’enculer lĂ  ? Je vais te braquer ta pirogue de merde et après t’iras niquer ta mère …  » Mais Ă©videmment je suis civilisĂ© alors je dis « d’accord, coin coin » … C’est Laurent au final qui conteste le prix et on s’en sort pour 210 000 Kips pour nous trois.

La traversĂ©e se dĂ©roule bien, je me demande comment, dans le noir, le mec ne se prend pas les buissons qui sortent de l’eau. Il doit connaitre le chemin par coeur. Je suis déçu de ne pas faire cette traversĂ©e de plein jour, le spectacle doit ĂŞtre magnifique, ça sera pour le retour. Nous arrivons sur l’Ă®le, toujours avec cette dame qui nous annonce avant d’arriver qu’elle ne pourra rien nous cuisiner. La pute, elle nous met au pied du mur. Au final, pas très grave car un restaurant est encore ouvert. Avant de nous y rendre, nous allons tout de mĂŞme prendre nos chambres qui s’avèrent ĂŞtre plutĂ´t cools, juste au bord du MĂ©kong. Demain, je pense que la vue sera magique. Nous allons tous les trois manger dans ce restaurant que nous avons vu en arrivant et qui dĂ©gageait une odeur qui m’avait dĂ©jĂ  mis l’eau Ă  la bouche. Nous choisissons tous la mĂŞme chose, la spĂ©cialitĂ© du Laos : le lap chicken. C’est du poulet cuit avec une sauce dĂ©licieuse avec des herbes, de la menthe et du piment, accompagnĂ© d’un riz gluant. C’est vraiment top. Celui ci est mortel, on se rĂ©gale. Je demande au Jean-Michel (seul les vrais savent) qui nous sert Ă  quelle heure il ferme. Il va bientĂ´t fermĂ©. J’enchaine sur un « do you know where I can get weed ? » en pensant que du fait qu’on soit sur une mini Ă®le relaxe, les gens doivent bien fumer un peu. Il me rĂ©pond avec un sourire que non, il ne sait pas. Ok pas grave, ce soir, on se fera des bières alors.

On sort du restaurant et il y a un bar Ă  50 mètres, c’est cool, on peut s’allonger sur des matelas, on demande trois whisky laotien. Je vais acheter des clopes, le Jean-Michel, oui encore un (limite, y a que des Jean-Michel sur l’Ă®le, c’est abusĂ©), me demande si Ă  la place, je ne veux pas un petit truc Ă  fumer et il me fait un petit geste de pd que j’aurais du mal Ă  imager avec les mots. Je suis sĂ»r vous arriverez Ă  vous l’imaginer. « Man, you’re the boss … Gimme » et lĂ  le mec me sort un 50 000 Kips soit 5€, tu hallucines. Un pochon de bâtard bien rempli de weed de chez eux, qui n’est pas top au goĂ»t mais qui t’envoie directement dans la lune. On choppe la moitiĂ© uniquement car ca faisait dĂ©jĂ  beaucoup. Genre je pĂ©cho un 2€ lol … De lĂ , on part avec trois grandes bières directement sur la terrasse de la guesthouse, au bord du MĂ©kong et on se fait un gros perso chacun. Première latte, je tousse comme une fiote, deuxième latte, je suis Ă©clatĂ© … On passe la soirĂ©e Ă  smoke et se raconter des conneries, la vita e bella.

Ahhhhh les transports m’ont tuĂ© mais nous voilĂ  enfin au paradis !

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